La facture d'électricité pèse lourd dans le portefeuille des ménages wallons. Les prix fluctuent au gré des marchés internationaux, la dépendance au gaz importé fragilise notre approvisionnement, et les objectifs climatiques exigent des réponses concrètes. Et si une partie de la solution se trouvait dans un modèle radicalement différent : une centrale nucléaire détenue par les citoyens eux-mêmes ?
C'est le pari de DikkeNuc, un projet belge qui veut permettre à chaque citoyen de devenir copropriétaire d'une infrastructure nucléaire. Pas un rêve de science-fiction, mais une démarche pragmatique qui s'inscrit dans la réalité énergétique wallonne.
L'énergie en Wallonie : un constat qui appelle à l'action
La Belgique produit environ 40 TWh par an grâce à ses réacteurs nucléaires, ce qui représente près de la moitié de sa production électrique totale. En Wallonie, le site de Tihange joue un rôle central dans cet équilibre.
Malgré cela, le ménage belge moyen débourse autour de 1 300 euros par an pour son électricité, un montant parmi les plus élevés d'Europe. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- Taxes et redevances qui alourdissent la facture finale
- Dépendance aux importations de gaz naturel, dont le prix est soumis aux tensions géopolitiques
- Vieillissement des infrastructures de production et de réseau
- Intermittence des énergies renouvelables, qui nécessite des solutions de base fiables
Le prolongement des réacteurs Doel 4 et Tihange 3, décidé par le gouvernement fédéral en 2022 pour une durée de dix ans, confirme que le nucléaire reste un pilier incontournable du mix énergétique belge.
Le nucléaire citoyen : de quoi parle-t-on exactement ?
Le principe est simple : plutôt que de laisser la production d'énergie nucléaire entre les seules mains de grands groupes industriels, on ouvre le capital aux citoyens. Chaque participant investit un montant accessible et devient copropriétaire d'une part de la centrale.
Ce modèle s'inspire des coopératives énergétiques qui ont fait leurs preuves dans l'éolien et le solaire en Wallonie. Des structures comme Cociter ou CLEF regroupent déjà des milliers de coopérateurs wallons. DikkeNuc transpose cette logique au secteur nucléaire.
- Un investissement à la portée des citoyens, pas réservé aux multinationales
- Une transparence sur la gestion, les coûts et les bénéfices
- Un ancrage local de la valeur créée par la production d'électricité
- Une voix pour les citoyens dans les décisions énergétiques
Trois raisons pour lesquelles la Wallonie y gagne
1. Stabiliser les prix de l'électricité
Le nucléaire offre un coût de production stable et prévisible, autour de 30 à 50 euros par MWh pour les centrales existantes. Contrairement au gaz, dont le prix peut tripler en quelques mois comme lors de la crise de 2022, le combustible nucléaire représente une faible part du coût total. Cette stabilité, partagée directement avec les citoyens copropriétaires, constitue une protection naturelle contre les chocs tarifaires.
2. Renforcer l'indépendance énergétique
La Belgique importe la quasi-totalité de ses combustibles fossiles. Chaque kilowattheure nucléaire produit localement réduit cette dépendance. L'uranium provient de sources diversifiées (Canada, Australie, Kazakhstan) et se stocke facilement pour plusieurs années. Un modèle citoyen ajoute une couche supplémentaire de souveraineté : la communauté locale contrôle une partie de l'outil de production.
3. Créer de l'emploi et de la valeur en Wallonie
Le secteur nucléaire belge emploie environ 16 000 personnes directement et indirectement. Le site de Tihange, en province de Liège, constitue un pôle d'emploi qualifié majeur pour la région. Un projet nucléaire citoyen amplifie cet impact en :
- Maintenant les compétences techniques sur le territoire wallon
- Réinjectant les bénéfices dans l'économie locale
- Stimulant la formation dans les filières scientifiques et techniques
Nucléaire et climat : une alliance nécessaire
Les données du GIEC et de l'Agence internationale de l'énergie sont claires : atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sans nucléaire serait considérablement plus difficile et plus coûteux. Le nucléaire émet en moyenne 12 grammes de CO₂ par kWh sur l'ensemble de son cycle de vie, un chiffre comparable à l'éolien et bien inférieur au gaz naturel (environ 490 g CO₂/kWh).
Pour la Wallonie, combiner renouvelables et nucléaire représente la voie la plus réaliste. Les éoliennes et panneaux solaires fournissent une énergie propre mais intermittente. Le nucléaire assure la production de base, jour et nuit, par tout temps.
Le modèle citoyen ajoute une dimension essentielle : l'adhésion du public. Quand les habitants sont parties prenantes du projet, l'acceptation locale se renforce naturellement.
Comment DikkeNuc rend cela possible
DikkeNuc travaille à construire un cadre juridique, financier et technique qui permettra aux citoyens belges de devenir copropriétaires d'une infrastructure nucléaire. Le projet repose sur plusieurs piliers :
- Accessibilité financière : des parts à un prix pensé pour être inclusif
- Gouvernance participative : chaque coopérateur dispose d'une voix, quel que soit le montant investi
- Transparence totale : rapports réguliers sur la production, les finances et la sûreté
- Accompagnement pédagogique : pour que chaque citoyen comprenne ce qu'il copossède
La démarche n'élude aucune question difficile. La gestion des déchets, la sûreté, le démantèlement : tout est abordé avec rigueur et honnêteté, parce qu'un copropriétaire informé est un copropriétaire engagé.
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